Contrairement à ce que l’on pense généralement, innovation ne rime pas obligatoirement avec révolution technologique. Même si le numérique envahit nos vies chaque jour davantage, les usages restent prépondérants par rapport à la prouesse technique. Ce qui compte finalement, c’est le bénéfice apporté par la technologie : gain de temps, réduction des coûts, simplification des tâches, augmentation de la satisfaction…
L’innovation n’est pas qu’une affaire de technique. Ce n’est pas non plus qu’une affaire de spécialistes. Tout le monde est capable d’innover pourvu qu’on lui en laisse la liberté et l’opportunité. L’innovation, c’est d’abord un état d’esprit, une envie d’explorer pour trouver des réponses nouvelles à des questions récurrentes. Le résultat n’est pas garanti, mais le chemin à parcourir permet de progresser, car il oblige à prendre en compte d’autres réalités et d’autres contraintes.

Innovation 360

Aujourd’hui, non seulement on peut, mais on doit innover dans tous les domaines de l’entreprise pour gagner en agilité et en efficacité :

Innovation dans les formes d’organisation

Le modèle hiérarchique pyramidal montre ses limites par sa lourdeur dans la prise de décision et sa rigidité dans l’exécution. L’heure est aujourd’hui à la décentralisation du pouvoir et à l’autonomie des équipes autour de projets fédérateurs. Les dirigeants sont là essentiellement pour fixer le cap et veiller à ce que les axes stratégiques de l’entreprise restent bien présents à l’esprit des collaborateurs. C’est le modèle qu’ont adopté des sociétés françaises comme Poult ou américaines comme 37Signals, l’éditeur de la plateforme Basecamp ou encore The Morning Star Company, l’entreprise « sans manager ».

Innovation dans les méthodes de travail

Faire plus avec moins, c’est possible si l’on s’y prend différemment. Le Jugaad, ou innovation frugale, nous montre que le manque de moyens ne constitue pas un frein à l’innovation, bien au contraire. C’est en allant systématiquement à l’essentiel que l’on peut rester simple et efficace. Cette approche née dans les pays en voie de développement aux ressources très limitées est en train de se répandre dans les pays riches qui souhaitent optimiser leurs efforts de R&D et déboucher plus vite sur des innovations opérationnelles.

Innovation dans les modèles d’affaires

L’arrivée puis la croissance fulgurante d’acteurs comme AirBnB ou Uber nous montrent qu’il est désormais possible de créer de la valeur sans patrimoine, simplement en tirant parti d’infrastructures existantes, logements ou véhicules de particuliers, et en proposant des solutions à la fois plus économiques que les formules traditionnelles et plus conviviales pour les clients. Et ce mouvement ne fait que commencer…

Innovation dans les interactions avec les parties prenantes

La co-création ou la co-construction sont des modes d’interaction désormais admis, voire recherchés par les consommateurs vis-à-vis de leurs marques préférées afin de pouvoir influer sur la conception ou l’évolution des produits et des services. La personnalisation de masse n’est plus un simple concept marketing mais une réalité commerciale. L’implication des clients et la technologie numérique permettent de créer à l’infini des variantes d’un même produit pour l’adapter aux différentes cibles concernées. Les contrats d’assurance à la carte ou les crèmes cosmétiques sur mesure préfigurent notre quotidien de demain.

Que l’on soit une start-up ou un grand groupe, il faut être conscient que la réussite va bien au-delà de la maîtrise des enjeux technologiques. Les entreprises qui réussissent dans la durée sont celles qui sont capables de se réinventer en permanence pour garder une longueur d’avance.